Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
Dimanche 12 juillet est entré en vigueur en Suède un texte durcissant la politique migratoire, adopté en juin dernier par la majorité de droite. Il met fin à l'octroi des titres de séjour permanents et facilite les conditions d'expulsion du territoire.
Avec l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi, la Suède durcit sa politique migratoire.
À l’instar de son voisin danois, la Suède serre la vis en matière d’immigration. Ce dimanche entre en vigueur une loi imposant aux étrangers de mener « une vie honnête » sous peine de se faire expulser du territoire suédois. Adoptée le 9 juin dernier par le Parlement, cette loi matérialise la volonté du gouvernement de durcir la politique migratoire du pays.
Lors de l’introduction du texte en mars dernier, le ministre de la Migration, Johan Forssell, l’avait présenté en ces termes : « Le respect des lois et des règles va de soi, mais il doit également aller de soi que nous fassions de notre mieux pour vivre de manière responsable et ne pas nuire à notre pays. Si, par exemple, vous ne payez pas vos dettes, si vous ne vous conformez pas aux décisions des autorités suédoises, si vous abusez du système d’allocations, si vous obtenez un permis de séjour suédois par des moyens frauduleux… Alors vous n’avez pas le droit d’être ici. »
Le gouvernement suédois a établi une liste d’exemples comportant, entre autres, le fait de ne pas payer ses amendes ou de travailler sans payer d’impôts. Le texte prévoit que les titres de séjour puissent être retirés dans d’autres situations : par exemple si les demandeurs d’asile ont menti dans leur dossier ou sont considérés comme une menace par les autorités.
Le texte met par ailleurs fin à la délivrance des permis de séjour permanents dans le pays. Les ressortissants extra-européens ayant bénéficié de la protection subsidiaire en Suède ou du statut de réfugié ne peuvent dès lors plus prétendre à un titre de séjour pour résidence permanente.
Cette loi répond aux velléités du pouvoir de mieux contrôler les frontières du pays. La coalition de droite, majoritaire depuis les législatives de 2022 et soutenue par le parti nationaliste des Démocrates de Suède, a présenté une série de réformes qu'elle compte faire adopter avant le scrutin de septembre prochain.
Des dizaines de milliers d'étrangers fuient l'Afrique du Sud, terrifiés et traumatisés, suite à la vague de violences xénophobes et aux manifestations anti migrants.
Des dizaines de milliers d'étrangers fuient l'Afrique du Sud, terrifiés et traumatisés, suite à la vague de violences xénophobes et aux manifestations anti migrants. pic.twitter.com/OriwNTN1Wp
— Le journal Afrique TV5MONDE (@JTAtv5monde) July 13, 2026
En Afrique du Sud, la situation reste tendue autour de la question migratoire. Un comité interministériel chargé des migrations a annoncé dimanche que plus de 53 000 personnes ont été expulsées et rapatriées ces cinq dernières semaines.
En Afrique du Sud, la situation reste tendue autour de la question migratoire. Un comité interministériel chargé des migrations a annoncé dimanche que plus de 53 000 personnes ont été expulsées et rapatriées ces cinq dernières semaines. pic.twitter.com/ryzuLDANtu
— Le journal Afrique TV5MONDE (@JTAtv5monde) July 13, 2026
Un Nigerian, chef d'entreprise, possède tous ses papiers en Afrique du Sud, à qui il a été demandé de partir, qui parle. Il explique et eux répondent qu'ils n'en ont cure (en termes plus crus).
« Je suis un immigrant légal. J'ai passé plus de 13 ans à bâtir une entreprise en Afrique du Sud, créant des emplois et formant plus de 20 Sud-Africains. Je paye mes cotisations et possède tous les documents nécessaires. Si le gouvernement me demande de partir, je le ferai. Mais je ne me laisserai pas chasser par des menaces ou la pression d'une foule ».
C'est un Nigerian, chef d'entreprise, qui possède tous ses papiers en Afrique du Sud, à qui il a été demandé de partir, qui parle. Il explique et eux répondent qu'ils s'en foutent. "Je suis un immigrant légal. J'ai passé plus de 13 ans à bâtir une entreprise en Afrique du Sud,… pic.twitter.com/069aTwkTu4
Les attaques contre des migrants africains se multiplient en Afrique du Sud depuis le début de l’année. Près de 50 000 migrants illégaux ont quitté l’Afrique du Sud ces dernières semaines tandis que des mouvements anti-immigration gagnent en visibilité.
🇿🇦 Les attaques contre des migrants africains se multiplient en Afrique du Sud depuis le début de l’année. Près de 50 000 migrants illégaux ont quitté l’Afrique du Sud ces dernières semaines tandis que des mouvements anti-immigration gagnent en visibilité. pic.twitter.com/SgtJUerJXE
— FRANCE 24 Afrique (@France24Afrique) July 13, 2026
AFRIQUE DU SUD 🇿🇦: quelles sont les connexions politiques derrière le mouvement anti-immigration ?
Des milliers de Sud-Africains ont marché dans plusieurs grandes villes du pays, mardi 30 juin 2026, pour protester contre l’immigration illégale. Alors que le pays connaît une résurgence de violence xénophobe, ciblant les migrants africains, qu’ils soient dans le pays légalement ou non, l'organisation « March and March », née en mars dernier, s'est imposée comme le porte-voix de la colère des Sud-Africains en matière de migration. Si l'organisation se dit citoyenne, ces marches ont aussi une dimension politique à l'approche des élections municipales ( RFI)
ACTU AFRIQUE DU SUD 🇿🇦: quelles sont les connexions politiques derrière le mouvement anti-immigration ? Des milliers de Sud-Africains ont marché dans plusieurs grandes villes du pays, mardi 30 juin 2026, pour protester contre l’immigration illégale. Alors que le pays connaît une… pic.twitter.com/kPI5cHIjX3
— France-AfriqueMÉDIA (@FranceAfrique23) July 1, 2026
Billet du 28 avril
La vidéo ci-dessous montre des scènes chaotiques et tendues devant les grilles d’une école primaire sud-africaine. On y voit des membres de groupes anti-immigration, dont Operation Dudula, bloquer l’accès aux enfants et parents étrangers (principalement d’autres pays africains), dans une ambiance de confrontation et de cris.
Classrooms in South Africa have become the latest battleground for the anti-immigration group Operation Dudula, with members reportedly attempting to forcibly remove & block children from other African nations from attending classes.
L’incident s’est déroulé à Durban (KwaZulu-Natal), précisément devant l’Addington Primary School, dans le quartier de Point / South Beach. Les faits remontent principalement au 21 janvier 2026 (avec des protestations ayant commencé dès la rentrée scolaire autour du 14 janvier).
Des parents sud-africains, soutenus par Operation Dudula, le mouvement March and March et des sympathisants du parti uMkhonto weSizwe (MK Party) fondé par l'ancien président Zuma, accusaient l’école de prioriser les enfants de ressortissants étrangers au détriment des élèves locaux.La police sud-africaine était présente en nombre important.
Elle est intervenue pour disperser la foule à l’aide de canons à eau et de grenades assourdissantes, afin de protéger les élèves et de maintenir l’ordre. Des enquêtes pour incitation à la violence publique ont été ouvertes contre certains organisateurs des manifestations.
Dans cette autre vidéo, un homme noir crie « Retournez dans votre fichu pays, bande d'inutiles. Vous n'êtes pas capables de vous battre contre votre propre gouvernement, alors vous venez en Afrique du Sud. Bande de salauds. » Avant cela, une femme noire en vert crie « Voertsek parapara» (Foutez le camp parasites, voertsek = ouste, dégage !, c'est le terme afrikaans pour chasser un animal importun, alors que parapara signifie parasite en tsotsitaal.)
“Go back to your bloody country, you useless ones. You can’t fight your own government, so you come to South Africa. Bastards.”
Operation Dudula est un mouvement citoyen vigilante sud-africain, né vers 2021-2022, qui milite pour « mettre les Sud-Africains d’abord ». Il cible particulièrement l’immigration illégale, la concurrence sur les emplois, les logements et les services publics (écoles et hôpitaux).
Le groupe organise régulièrement des patrouilles et des protestations contre les migrants, souvent accusé de xénophobie, surtout envers les autres Africains noirs.Le nom « Dudula » vient de l’isiZulu (langue zouloue, majoritaire au KwaZulu-Natal). Il signifie « forcer dehors », « repousser », « expulser » ou « renverser ». Il reflète directement l’objectif affiché du mouvement : expulser les immigrants non documentés pour réserver les ressources aux citoyens sud-africains.
Cet événement s’inscrit dans un contexte plus large de fortes tensions socio-économiques en Afrique du Sud : chômage élevé, pression sur les infrastructures publiques et débats récurrents sur l’immigration. La Constitution sud-africaine garantit cependant le droit à l’éducation pour tous les enfants présents sur le territoire, indépendamment du statut migratoire de leurs parents.
En 2100, la crainte d’un avenir écrasé par le coût des soins de santé pourrait s’avérer exagérée. Longtemps les économistes ont estimé que le vieillissement des populations provoquerait une explosion des dépenses médicales. Cette idée reposait notamment sur la « maladie des coûts » de Baumol : dans les secteurs très dépendants du travail humain, comme la médecine, la productivité progresse peu, car une consultation médicale exige encore à peu près le même temps qu’il y a un siècle. Les salaires doivent néanmoins suivre ceux des secteurs plus productifs (comme l'informatique ou l'industrie), sous peine de voir les futurs médecins partir vers d’autres professions mieux rémunérées.
La question centrale était de savoir si l’allongement de la vie entraînerait une expansion des périodes de maladie ou une compression des handicaps : des vies plus longues, mais en meilleure santé, avec une concentration des maladies graves dans les dernières années. Deux études récentes du National Bureau of Economic Research montrent que le scénario catastrophiste d’une médecine absorbant une part toujours croissante des ressources publiques ne se réalise pas.
David Cutler et Lev Klarnet constatent qu’en 2024 les États-Unis ont dépensé 1 000 milliards de dollars de moins que ne le prévoyaient les projections officielles de 2010. Une autre étude menée par Liran Einav et Amy Finkelstein montre qu’entre 1993 et 2017, le coût prévu des pensions de retraite américaines a augmenté de 14 %, tandis que celui de l’assurance-maladie publique pour les personnes âgées, Medicare, n’a progressé que de 6 %. Les personnes âgées vivent plus longtemps, mais passent moins de temps gravement malades.
L’évolution des coûts hospitaliers confirme cette amélioration. Entre 2000 et 2010, les coûts hospitaliers américains augmentaient d’environ 2,3 points de pourcentage au-dessus de l’inflation chaque année. Entre 2011 et 2024, cette hausse n’a plus été que de 0,5 point. Le progrès technique a changé de nature : autrefois, l’innovation servait surtout à proposer de nouveaux traitements coûteux ; désormais, elle permet davantage de produire les mêmes résultats à moindre coût. La « maladie des coûts » de Baumol semble donc partiellement maîtrisée.
Les besoins médicaux eux-mêmes diminuent grâce à une meilleure organisation des soins, à un ciblage plus précis des traitements et à une gestion plus rigoureuse des dépenses par les assureurs. Aux États-Unis, depuis 1993, l’espérance de vie à 66 ans a augmenté de 2,4 années, entièrement en bonne santé en moyenne. Les personnes âgées peuvent espérer environ trois années supplémentaires de vie saine, tandis que la période de détresse physique ou mentale extrême a diminué de 0,6 année, réduisant les besoins en établissements spécialisés ou en assistance lourde à domicile.
Cette tendance dépasse les États-Unis. Dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, la part des dépenses de santé dans le produit intérieur brut progresse moins rapidement. Une étude prévoit une croissance des dépenses médicales par habitant d’environ 2 % par an durant la prochaine décennie (hors États-Unis), contre 4 % avant 2009. La part du produit intérieur brut consacrée à la santé n’augmenterait que d’environ 0,1 point de pourcentage par an.
Le vieillissement démographique ne condamne pas non plus nécessairement la croissance économique. Une étude dirigée par Daron Acemoglu montre que les régions américaines ayant connu les plus fortes baisses de natalité ont souvent enregistré une productivité plus élevée chez les actifs. L’explication avancée est qu’elles ont davantage adopté des technologies permettant d’économiser du travail humain. Cette explication laisse ce carnet perplexe: une corrélation entre baisse de natalité et hausse de productivité ne démontre pas nécessairement que la baisse de natalité a causé de l'innovation technologique. Voir dans l'incise ci-dessous.
[Il existe plusieurs mécanismes possibles, dont par exemple celui-ci : moins d'enfants → plus de ressources disponibles par adulte → plus d'investissement par travailleur → hausse de productivité. Ce mécanisme est particulièrement visible dans certains pays d'Asie orientale. La Corée du Sud en est un exemple frappant : pendant plusieurs décennies, la baisse spectaculaire de la fécondité a accompagné une transformation économique exceptionnelle. Une société peut bénéficier d'un "dividende démographique" en passant d'une fécondité élevée à une fécondité basse, car elle a temporairement :
moins d'enfants à charge ;
beaucoup d'adultes en âge de travailler ;
une population encore jeune.
Mais une fois passée sous le seuil de remplacement pendant plusieurs générations, elle entre dans une phase différente :
moins d'actifs ;
davantage de retraités ;
moins d'entrepreneurs potentiels ;
pression sur les systèmes sociaux ;
contraction possible du marché intérieur.
Le cas coréen illustre précisément cette ambiguïté : le modèle a été extrêmement performant pendant la phase de transition démographique, mais la fécondité actuelle (l'une des plus faibles au monde) pose désormais la question de la soutenabilité du modèle.]
En 2100, une population active moins nombreuse pourrait donc être aidée par des technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle.
Le problème des retraites restera toutefois important en raison de l’allongement de la durée de vie au-delà de l’âge actuel de départ à la retraite. Selon une analyse du Congressional Budget Office, relever progressivement l’âge légal américain de départ à la retraite de 67 à 70 ans permettrait de couvrir une grande partie des coûts supplémentaires liés au vieillissement de la population d’ici 2100. La principale difficulté sera moins économique que politique, car de telles réformes impliquent des choix collectifs difficiles. Le vieillissement démographique est une évolution inéluctable ; en revanche, l’ampleur de ses conséquences financières et économiques ne l’est pas. L’innovation technologique, l’amélioration de la productivité, une meilleure organisation des systèmes sociaux et des réformes adaptées peuvent en limiter considérablement l’impact.
Mathieu Bock-Côté sur un projet de loi qui prévoit des peines d'inéligibilité quand quelqu'un est condamné pour racisme, dans un contexte où la définition du racisme ne cesse de s'étendre, et s'applique à ceux qui critiquent l'immigration massive.
ChatControl est le nom donné par ses détracteurs au projet de règlement européen sur la lutte contre les abus sexuels sur mineurs en ligne. L'objectif affiché par la Commission européenne est de détecter et signaler les images pédopornographiques connues ou nouvelles, ainsi que les tentatives de prise de contact d'un adulte avec un mineur à des fins sexuelles.
De nombreuses associations de défense des libertés numériques, des spécialistes en cryptographie et certains juristes, résument leurs objections autour de plusieurs points :
Une surveillance de masse plutôt qu'une surveillance ciblée. Le principe de scanner les messages de tous les utilisateurs avant même qu'il existe un soupçon individuel est considéré comme une inversion du principe de présomption d'innocence.
Une menace pour le chiffrement de bout en bout. Pour analyser des messages chiffrés, plusieurs scénarios reposent sur le balayage sur les ordinateurs personnels avant de contacter le réseau, c'est-à-dire un contrôle effectué directement sur l'appareil des utilisateurs avant le chiffrement. Les opposants estiment que cela revient à affaiblir les garanties offertes par le chiffrement, même si celui-ci reste techniquement en place.
Des risques d'erreurs. Les technologies de détection, notamment lorsqu'elles utilisent l'intelligence artificielle pour identifier de nouveaux contenus ou des conversations suspectes, peuvent produire des faux positifs, conduisant à l'examen de communications parfaitement légitimes.
Le risque d'extension des usages. Une fois qu'une infrastructure technique permettant l'inspection des communications existe, les critiques craignent qu'elle soit progressivement utilisée pour d'autres objectifs : terrorisme, discours censément de haine, prétendue désinformation, violations du droit d'auteur, etc.
Une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Plusieurs opposants soutiennent que le dispositif est difficilement conciliable avec le droit au respect de la vie privée, au secret des correspondances et à la protection des données garanti par le droit européen.
À l’instar du débat sur le libre-échange ces dernières années, le consensus sur l'immigration est en train d’évoluer. L’auteur de l'article ci-dessous, Oren Cass, est rédacteur en chef adjoint du Financial Times et économiste en chef chez American Compass.
Lorsqu’ils s’engagent dans des débats sur l’immigration, les économistes tendent à mettre leur crédibilité de côté. C’est particulièrement le cas lorsqu’il est question de l’immigration massive de travailleurs non qualifiés (attirer les meilleurs talents du monde est une autre histoire). Le bon sens et la dynamique du marché suggèrent à juste titre que cette immigration peu qualifiée entraîne une baisse de la qualité des emplois pour les travailleurs déjà en place et nuit aux services publics. Pourtant, certains économistes n’ont cessé d’avancer des arguments contraires, qui coïncidaient opportunément avec les intérêts particuliers des employeurs dépendant d’une main-d’œuvre abondante et bon marché, ainsi qu’avec ceux des progressistes désireux de concilier leur opposition aux restrictions en matière d’immigration avec leur soutien aux travailleurs.
Le vent est désormais en train de tourner. Des deux côtés de l’Atlantique, les partis politiques de centre-gauche découvrent que l’immigration incontrôlée fait peser une menace existentielle sur leurs perspectives électorales. L’application de la loi et la limitation des flux migratoires figurent soudainement à l’ordre du jour. Et, ô surprise, les arguments économiques commencent à affluer, confirmant que cette démarche pourrait bien être judicieuse.
En mars, des économistes des banques de la Réserve fédérale de Dallas et de San Francisco ont attribué 30 % de la hausse rapide des prix de l’immobilier aux États-Unis entre 2021 et 2024 à la flambée de l’immigration clandestine. Lorsque JD Vance a soulevé ce fait lors du débat vice-présidentiel de 2024, qualifiant l’immigration clandestine de « l’un des principaux moteurs des prix de l’immobilier », les économistes se sont empressés de le critiquer pour une prétendue exagération. Mais il semble avoir eu raison.
Le référendum suisse de juin sur le plafonnement de la population a offert une nouvelle occasion de repenser la question. L’immigration n’est pas une solution au vieillissement de la population, selon le professeur d’économie Alan Manning, et les dépenses qui y sont consacrées peuvent réduire la productivité. Un chef d’entreprise suisse a qualifié de « solution de facilité » le fait de remédier aux pénuries de main-d’œuvre par l’immigration, tandis qu’un autre a déploré que « la pression pour améliorer la productivité dans l’industrie et le secteur des services ait disparu ».
Ce dernier point est particulièrement important. Si les employeurs estiment qu’ils auront toujours accès à un vaste vivier de main-d’œuvre facilement exploitable, pourquoi modifieraient-ils leurs modèles économiques et leurs modes de fonctionnement pour créer de meilleurs emplois ou investir dans une productivité accrue ? Un « travail que les Américains ne veulent pas faire » n’existe que si les employeurs savent qu’on leur fournira quelqu’un d’autre pour le faire à leur place.
Un nouvel article rédigé par Daron Acemoglu, lauréat du prix Nobel en 2024, ses collègues économistes du MIT David Autor et Keelan Beirne, ainsi que par Andrew Scott de la London Business School, apporte un autre élément de preuve. Bien qu’ils aient étudié les taux de natalité et non l’immigration, leurs conclusions ont une incidence directe sur cette dernière.
Les économistes partent généralement du principe qu’une baisse de la main-d’œuvre disponible entraînera stagnation et contraction, et plaident en faveur de niveaux élevés d’immigration pour cette raison. Acemoglu et ses collègues ont constaté le contraire : « Contrairement à l’idée reçue, nous constatons que la baisse des taux de natalité a jusqu’à présent conduit à une croissance plus forte du PIB par travailleur dans l’ensemble des pays et à une hausse plus importante des salaires sur les marchés du travail locaux aux États-Unis. »
Leur explication ? « La réponse endogène de la technologie à la pénurie de jeunes travailleurs, qui permet d’économiser de la main-d’œuvre. » En termes simples, la diminution de la main-d’œuvre disponible a favorisé l’innovation technologique et l’investissement, préservant ainsi l’économie et, en stimulant la productivité et les salaires, améliorant la situation des travailleurs.
Ces arguments méritent certes d’être approfondis. Mais ils modifient le discours dominant dans le débat. L’idée selon laquelle l’immigration massive atténue la pénurie de logements en fournissant davantage d’ouvriers du bâtiment est désormais beaucoup plus difficile à prendre au sérieux. Les 1 470 économistes qui ont signé en 2017 une lettre affirmant que « l’immigration apporte de jeunes travailleurs qui contribuent à compenser le départ à la retraite massif des baby-boomers » doivent désormais présenter des preuves concrètes pour étayer leur thèse.
La phrase la plus révélatrice de cette lettre était l’affirmation selon laquelle « sur certaines questions, il existe un consensus quasi universel. L’une de ces questions concerne les avantages économiques généraux que les immigrants apportent à ce pays ». Ce prétendu consensus rappelle la déclaration similaire en faveur du libre-échange lors du débat de 2000 sur l’adhésion de la Chine à l’OMC. Parmi les économistes, avait alors déclaré Lawrence Summers, secrétaire au Trésor de l’époque, « il n’y a eu qu’une seule réponse : accueillir la Chine au sein du système économique mondial est une bonne chose pour l’économie américaine ».
Devoir revenir sur ce jugement a été humiliant pour la profession d’économiste. Le mois dernier encore, le lauréat du prix Nobel Paul Krugman a admis s’être trompé. Il avait auparavant affirmé qu’« un pays sert ses propres intérêts en poursuivant le libre-échange, quoi qu’en pensent les autres pays ». Mais aujourd’hui, Krugman avoue avoir été « choqué non seulement par son propre revirement, mais aussi par celui de certains de ses collègues, des personnes qui défendent depuis longtemps la mondialisation ».
Nous n'en sommes pas encore là dans le débat sur l'immigration. La situation ressemble davantage à celle du débat sur le libre-échange au milieu des années 2010, lorsque les travaux d'Autor et d'autres chercheurs sur le « choc chinois » ont commencé à paraître. Mais l'histoire montre que tout consensus dogmatique ne peut freiner la réalité que pendant un certain temps. Les prochaines années ne s'annoncent guère favorables aux partisans de l'immigration de masse comme politique économique.
L'écart de fécondité entre les jeunes Blancs républicains et les jeunes Blancs démocrates a atteint des proportions spectaculaires : les premiers ont désormais près de quatre fois plus d'enfants que les seconds.
Cela tendrait, selon certains observateurs, à montrer que les racines de la crise de la faible natalité — et, par conséquent, les moyens d'y remédier — relèveraient bien davantage de facteurs culturels que des seules conditions économiques.
Ces données sont cohérentes avec une littérature assez abondante montrant que, dans les pays occidentaux, les variables culturelles (religion, mariage, normes familiales, désir d'enfants, âge au premier enfant, études courtes et vivant principalement dans de petites villes ou à la campagne) expliquent souvent une part importante des écarts de fécondité, parfois davantage que le revenu.
Les politiques économiques (allocations, fiscalité, logement, garde d'enfants) influencent aussi la natalité, mais leurs effets observés sont généralement modestes comparés aux différences de comportements et de valeurs.
Sans constituer une preuve, le cas des juifs hassidiques illustre que des facteurs culturels peuvent, dans certaines circonstances, l'emporter largement sur les contraintes économiques. Malgré un niveau de vie souvent modeste et des un mode de vie essentiellement urbain, leur fécondité demeure exceptionnellement élevée. Cela suggère que les normes familiales, les convictions religieuses et l'organisation communautaire peuvent exercer une influence déterminante sur le nombre d'enfants.
Les travaux classiques de science politique américaine (notamment The American Voter et les études ultérieures de l'ANES) trouvent généralement que :
Si les deux parents sont républicains :
≈ 60 à 75 % des enfants deviennent eux-mêmes républicains à l'âge adulte.
Si les deux parents sont démocrates :
≈ 60 à 75 % des enfants deviennent démocrates.
Si les parents sont mixtes (un de chaque parti) :
les enfants sont beaucoup plus partagés et plus nombreux à devenir indépendants.
Le chiffre exact varie selon les périodes et les méthodes, mais l'idée importante est que la transmission est forte, sans être totale.
Pour certains, toute foi religieuse fervente tend à être vue comme une névrose. D’où la tentation d’un contrôle liberticide sur l’éducation des enfants. Un texte de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles du 1er juillet 2026.
C’est assurément un bon choix qu’a fait cette année le Festival de Cannes en donnant sa palme d’or à Fjord, de Cristian Mungiu, non seulement parce que ce film, dont l’action se passe en Norvège à l’approche de Noël, est climatiquement rafraîchissant, mais parce que le cinéaste roumain, comme à son habitude, réussit à faire réfléchir à un sujet primordial sans imposer de réponse. Ce n’est pas le lieu ici de parler des qualités cinématographiques de l’œuvre — nous y reviendrons quand il sortira en salle, à la mi-août —, mais de voir comment il peut nous éclairer sur un phénomène inquiétant, qui n’est pas sans lien avec l’actualité française.
Posons d’abord le cadre du récit: il est centré sur une famille composée d’un époux roumain et de son épouse norvégienne, qui ont récemment quitté la Roumanie pour venir vivre en Norvège, plus près des grands-parents maternels de leurs cinq enfants. Une famille chrétienne fervente, où les enfants sont élevés de manière aimante, mais dans un cadre strict — lectures bibliques, prière quotidienne obligatoire, ni téléphones ni réseaux sociaux. Ces restrictions si éloignées des normes de la société libérale avancée norvégienne deviennent des circonstances aggravantes lorsque, des bleus ayant été découverts sur l’aînée, les parents sont accusés de brutalités physiques sur leur progéniture — eux reconnaissent seulement des petites tapes sur les fesses quand les enfants étaient plus petits.
Dans le procès qui s’ensuit, le représentant de l’état, loin de se concentrer sur ces éventuelles violences, ne dissimule pas son hostilité aux valeurs religieuses de ce couple — le simple fait d’adhérer à une conception de la “famille traditionnelle” consistant en l’union d’un homme et d’une femme étant clairement une circonstance aggravante, et la non-adhésion à la théorie du genre devenant, pour ce progressisme d’état, le signe d’une éducation rétrograde contraire aux valeurs libérales de la société norvégienne. Que l’avocate des parents, faisant remarquer qu’en entendant leur imposer ces valeurs au détriment de ce qu’ils veulent transmettre à leurs enfants, la société se montre en réalité assez peu libérale, pose une argumentation ponctuellement efficace, mais dont on sent bien qu’elle est amenée à devenir politiquement de plus en plus fragile.
Cristian Mungiu a, certes, donné une puissance dramatique supplémentaire à son récit en confrontant une famille de culture roumaine au puritanisme post-luthérien scandinave. Mais comment ne pas penser, devant ce Fjord, à la France et à la tentation qui s’y fait jour, de plus en plus nettement, d’instrumentaliser l’indispensable lutte contre les violences faites aux enfants pour exercer un contrôle liberticide sur le droit des parents à éduquer leurs enfants selon leurs conceptions et à leur transmettre les valeurs auxquelles ils sont attachés? De la récente proposition de loi “Bétharram” aux contrôles agressifs multipliés dans les écoles hors contrat, en passant par une pression administrative contre l’école à la maison qui confine souvent à l’interdiction de fait, on assiste bel et bien à une offensive en règle pour faire entrer l’enseignement privé dans le giron des sacro-saintes “valeurs de la République”.
Et ce d’autant plus que ces “valeurs de la République”, référent fluctuant auquel on peut faire dire à peu près tout ce que l’on veut, sont pour certains enragés de la laïcité totalement incompatibles avec toute conviction religieuse, a fortiori si celle-ci emprunte une forme un peu conséquente. Il y a longtemps déjà que, dans les colonnes du Monde et de Libération, tout catholique prenant sa foi un peu au sérieux est qualifié sans autre forme de procès de “traditionaliste” ou d’“intégriste”, ce qui pour cette presse est synonyme de “sectaire”. Et que, dans les médias de service public et les discours d’une certaine gauche, toute manifestation de foi engagée est assimilée à un fanatisme contraire à la raison.
Fjord a le grand mérite d’attirer notre attention sur cette pathologisation de la foi, malheureusement appelée à devenir, dans les années qui viennent, une terrible épée de Damoclès sur la liberté de conscience.
En assistant à une réunion publique au Grand Orient de France, consacrée à l'éducation, Anne Coffinier a pu constater la vigueur de l'anticléricalisme qui y persiste.
Le maire de Raismes (dans le département du Nord) y expliquait, non sans fierté, avoir fait fermer une école musulmane qu'il jugeait islamiste. Lorsqu'une personne de l'assemblée lui a demandé ce qu'il aurait fait s'il s'était agi d'une école catholique, sa réponse a fusé : « Je l'aurais fermée deux fois plus. » Et toute la salle applaudit.
Une scène édifiante, qui en dit long sur le rapport très inégal de certaines institutions à la religion : autant (voire plus) de zèle à traquer l'influence catholique qu'à combattre un certain islamisme.
En assistant à une réunion publique au Grand Orient de France, consacrée à l'éducation, j'ai pu constater la vigueur de l'anticléricalisme qui y persiste.
Un maire du Nord y expliquait, non sans fierté, avoir fait fermer une école musulmane qu'il jugeait islamiste. Lorsqu'une… pic.twitter.com/3cruDXfBJg
— Anne Coffinier-Barry (@AnneCoffinier) July 8, 2026
Une marche blanche en hommage à Louis organisée dimanche dernier à Narbonne
Le lynchage à mort de Louis met en lumière les dérives du système de protection de l’enfance, où le manque d’encadrement et la maltraitance font le lit d’une violence toujours plus décomplexée. Une marche blanche en hommage à Louis a été organisée, dimanche, à Narbonne.
Le 19 juin dernier, à Narbonne (Aude), cinq jeunes hommes rouent de coups Louis, 17 ans, le laissant pour mort après avoir filmé la scène. Alors que trois d’entre eux, ainsi que leur victime, sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, cette affaire en symbolise à elle seule la faillite. Suicides, absence de soins pédo-psychiatriques, manque d’éducateurs, prostitution… Cette «machine à broyer les gosses» qui suit 400000 enfants, dont un contingent toujours plus important de mineurs étrangers non accompagnés (MNA), engendre-t-elle plus de dégâts qu’elle n’en répare? Aujourd’hui, à l’heure où le projet de loi relatif à la protection de l’enfance, examiné à partir du 15 juillet, ne suscite pas l’enthousiasme des professionnels, «la balance bénéfice-risque d’un placement en protection de l’enfance se pose», reconnaît Lyes Louffok, membre du Conseil national de la protection de l’enfance.
Louis avait 17 ans, un trouble de l’attention, et vivait dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de Narbonne. Le 19 juin, sur un chantier, cinq jeunes le rouent de coups, filment la scène, le laissent pour mort. L’état, qui avait la charge de cet enfant, ne l’a pas protégé. Et parmi les cinq jeunes mis en examen après ce lynchage, trois sont ou ont été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.
Louis est devenu un de ces visages qui disent le naufrage d’un système de protection de l’enfance. Une «machine broyer les gosses », dit désormais la députée du Modem Maud Petit. Des scandales, il y en a eu d’autres ces derniers mois. Celui de ce garçon de 13 ans, frappé à terre, hurlant sous les coups, filmé par ses camarades dans un foyer à Châlons-en-Champagne, en février dernier. Cette scène insoutenable, diffusée sur les réseaux sociaux, a entraîné une saisine de la justice par la ministre de la Santé, au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.
Au lendemain des résultats du bac, deux agrégés de philosophie dressent le même constat dans Valeurs actuelles. Le vocabulaire des lycéens s'effondre, et avec lui, la capacité à penser avec nuance. Or, avec les mots disparaissent aussi les outils indispensables pour construire une pensée argumentée et logique.
« De plus en plus d’élèves ont un problème de vocabulaire tellement fort qu’ils ne comprennent pas le sujet ».
Une lecture à voix haute qui trébuche à chaque phrase. Une dissertation à peine déchiffrable. Une problématique mal comprise, faute de connaître les mots qui la composent. Deux agrégés de philosophie, ayant enseigné la philosophie en lycée, tirent la même sonnette d’alarme, au lendemain d’un bac pourtant réussi à près de 90 %. « De plus en plus d’élèves ont un problème de vocabulaire tellement fort qu’ils ne comprennent pas le sujet », observe Jean*, professeur de Seine-et-Marne, membre du jury du bac cette année. « Plus on a de vocabulaire, plus on peut penser dans la nuance. » Sauf qu’à l’inverse, un lexique limité appauvrit mécaniquement l’exercice de la pensée.
Forte de son expérience auprès d’adolescents de filière générale et technologique, Pauline* confirme les carences. Pour elle, la maîtrise de la langue reste « une immense faille » chez les élèves de terminale notamment dans la définition des termes et dans la capacité à trouver des synonymes et antonymes. « On pense dans les mots », alerte-t-elle observant le même trou en mathématiques, où le raisonnement, la logique, la capacité à formuler un contre-exemple ou un argument, exigent eux aussi une maîtrise du langage que beaucoup d’élèves n’ont plus.
Un taux d’illettrisme préoccupant
Le constat en histoire n’est pas plus flatteur. Incapacité à citer un auteur de l’Antiquité ou des Lumières, à situer la Première Guerre mondiale dans le temps : une méconnaissance que l’ancienne professeur de Sciences Po qualifie d’« effarante », alors même que les outils de référence n’ont jamais été aussi accessibles. Et la conséquence dépasse la seule discipline scolaire alertant sur la disparition progressive des grandes idées qui donnaient jadis une cohérence au monde, un relativisme renforcé, faute de mots pour désigner et hiérarchiser des valeurs.
« On enfantilise les jeunes, on veut les protéger, on leur fait croire qu’ils ont des compétences qu’ils n’ont pas », lance Jean, alarmé par le taux d’illettrisme. Un élève sur cinq arriverait au collège sans savoir vraiment lire, avance-t-il. Soit un cinquième d’une classe d’âge qu’il faudrait, selon lui, faire redoubler plutôt que de la laisser avancer avec des importantes lacunes. Le test de lecture passé par tous les jeunes lors de la Journée défense et citoyenneté (JDC), à 17 ans, confirme que le problème ne s’arrête pas au collège. Selon le dernier bilan de la Depp, publié en octobre 2025, 6 % des jeunes de 16 à 25 ans étaient en situation d’illettrisme en 2024 et 13 % présentaient des difficultés de lecture significatives. Un jeune Français sur vingt, littéralement, est incapable de déchiffrer un texte simple à la sortie du système scolaire.
Les deux enseignants pointent une même origine sociale à cet écart de vocabulaire. Grandir avec des livres à la maison et des parents présents fait, selon eux, toute la différence. Pauline a pu comparer, au fil de sa carrière, un lycée d’Achères, en milieu populaire, à un autre de Billancourt, fréquenté par des enfants d’ingénieurs. Dans le second, les élèves connaissaient des mots comme « étymologie », quand ce terme valait aux autres des regards interloqués.
Lire à voix haute, un exercice devenu difficile
La lecture à voix haute d’un texte est le symptôme concret de cette érosion. Cet exercice basique est devenu un véritable défi pour une partie non négligeable des élèves de terminale. C’est une génération qui a grandi avec l’image et l’oral comme repères, et qui communique à base de messages vocaux, observe Pauline. « Les jeunes communiquent plus vite à l’oral, mais de façon moins organisée et moins logique, un pur flux de conscience, alors que l’écrit oblige à sélectionner sa pensée, à la hiérarchiser avant de la poser sur le papier », remarque-t-elle.
Face à ce constat, les deux enseignants convergent vers des pistes similaires. Réintégrer les parents dans le suivi scolaire, ne serait-ce que par la discussion à la maison sur ce que l’enfant apprend en classe. Remettre la lecture au centre, pour combler à la fois le vocabulaire, la logique et la culture générale. La philosophe insiste aussi sur le potentiel des élèves qui ne demande qu’à se déployer : « La plasticité cérébrale reste importante jusqu’à 25 ans », dit-elle, et nombre d’entre eux révèlent leurs capacités bien après le lycée, une fois qu’ils ont trouvé leur voie dans leurs études supérieures.
Il subsiste toujours un défi : l’intelligence artificielle. Jean se montre dubitatif : « Les élèves n’ont plus le goût de l’effort, de toute façon le bac leur est donné. » Pour Pauline, utilisée à bon escient, l’IA permettrait d’entraîner la maïeutique, cet art socratique de poser les bonnes questions, une compétence particulièrement utile en philosophie, où toute réflexion commence par une question bien posée.