Un article du journal en ligne El Español affirme, sur la base d’un sondage de l’institut SocioMétrica, que 67,4 % des Espagnols et 89,3 % des 17–35 ans s’opposent à la régularisation d’environ 850 000 immigrés en situation irrégulière décidée par le gouvernement de Pedro Sánchez. Seuls 29,4 % y seraient favorables, principalement parmi les électeurs (de gauche) du PSOE, de Sumar et de Podemos.
Le texte souligne plusieurs inquiétudes relevées par l’enquête :
- 69 % des sondés redoutent un « effet d’appel », de pompe aspirante.
- 67,6 % estiment que la mesure pourrait permettre à des délinquants d’obtenir un titre de séjour.
- 82,6 % souhaitent l’expulsion des candidats à la régularisation incapables de prouver l’absence d’antécédents judiciaires.
- 41 % pensent que l’objectif réel du gouvernement serait de modifier le corps électoral, en écho aux déclarations polémiques d’Irene Montero de Podemos (vidéo ci-dessous) sur le « remplacement ». Plus d’un million d’étrangers ont obtenu la nationalité espagnole depuis 2018, selon les données officielles de l’INE et des projections basées sur les tendances récentes. Ils pourront bientôt voter aux élections (cela dépend de leur origine).
Irene Montero, ancienne ministre espagnole de l'Égalité et dirigeante du parti Podemos, appelle de ses vœux le remplacement des Espagnols de souche :Esto es grave. Muy grave. Irene Montero admite públicamente que el objetivo de Podemos es REEMPLAZAR a los españoles y conseguir votos para ACABAR con los "fachas".
— Adais Cásares (@adais_casares) January 31, 2026
No nací en España, pero me duele ver el inmenso daño que esta gene le está haciendo al gran país que se volvió mi… pic.twitter.com/PIiuScJCoC
Je demande aux personnes migrantes et racisées, s'il vous plaît ne nous laissez pas seules [au féminin] avec ces tous ces fascistes. Il va de soi que nous voulons que vous votiez. Bien sûr que oui. Nous [vous] avons obtenu des papiers, la régularisation. Et maintenant il s'agit d'obtenir la nationalité ou de changer la loi pour que vous puissiez voter.
Espérons-le. La théorie du remplacement ? Si seulement nous pouvions balayer de ce pays ces fachos et racistes à l'aide de migrants, de travailleurs.
Bien sûr que je soutiens la théorie du remplacement, j'espère que nous pourrons débarrasser ce pays des fascistes et des racistes grâce aux immigrants.
Le gouvernement espagnol a concrétisé fin janvier 2026 ce qui avait été annoncé début février : l’adoption d’un décret royal exceptionnel visant à régulariser des centaines de milliers de personnes migrantes en situation irrégulière vivant en Espagne avant le 31 décembre 2025. Ce texte a été approuvé par le Conseil des ministres sans passer par un débat parlementaire, faute de majorité stable au Congrès.
Un décret approuvé, en vigueur, avec application prévue pour avril
Le décret a bien été publié au Journal officiel espagnol et entrera en vigueur dans les semaines à venir. Il crée une procédure exceptionnelle et temporaire par laquelle les personnes migrantes pourront déposer une demande de régularisation entre avril et le 30 juin 2026.
Comme prévu, cette procédure repose sur quelques critères fondamentaux :
- être présent en Espagne avant le 31 décembre 2025 ;
- y avoir résidé au moins cinq mois avant cette date ;
- avoir un casier judiciaire vierge, en Espagne ou à l’étranger ;
- déposer un dossier comportant des justificatifs de présence (inscription au padrón, contrats, factures, certificats médicaux, etc.).
Une fois la demande déposée, les procédures d’expulsion en cours sont automatiquement suspendues, et les personnes acceptées reçoivent dès l’accueil du dossier une carte de séjour provisoire d’un an avec droit de travailler immédiatement.
Une fois cette année passée, les bénéficiaires pourront demander des titres de séjour ordinaires selon les voies usuelles du droit espagnol.
Précisions importantes sur le critère du casier judiciaire
Dans les faits, cela signifie que les autorités prendront en compte les antécédents connus en Espagne et les informations disponibles sur les pays d’origine ou de résidence précédents ; l’accès à ces documents dépend de la coopération des pays concernés. La réglementation en cours de finalisation clarifiera ces modalités, mais l’examen de l’historique judiciaire reste une condition obligatoire.
Cette exigence n’est pas purement formelle : le gouvernement affirme qu'il est prévu d’empêcher l’accès à la régularisation à ceux qui présentent des condamnations graves ou des risques avérés pour l’ordre public.
Participation publique et règlement d’application
Après l’adoption du décret, le ministère espagnol des migrations a ouvert une consultation publique sur le règlement d’application du dispositif. Ce règlement détaille notamment les preuves de résidence acceptées, les procédures de validation et les délais administratifs, et reste en cours de finalisation avant d’être définitivement publié.
Réactions politiques toujours vives
Le principal parti d’opposition, le Parti populaire (PP), et d’autres formations de droite critiquent ouvertement la mesure, affirmant qu’elle pourrait créer un « effet d’appel » en encourageant davantage de migrations irrégulières et mettre sous pression les services publics. Ils évoquent la possibilité de recours juridiques devant les tribunaux administratifs ou constitutionnels pour contester l’usage du décret comme instrument principal.
Vox, parti de droite nationaliste, et certains acteurs régionalistes ont également renouvelé leur opposition en soulignant les difficultés d’intégration et les risques pour la cohésion sociale.
Pour l’heure, aucune procédure de suspension du décret n’a abouti devant une juridiction supérieure, et le texte reste pleinement en vigueur. Les critiques se concentrent sur les implications politiques et sociales plutôt que sur une illégalité avérée du texte.
Les syndicats alertent sur les défis pratiques
Sur le plan administratif, certaines forces de police et syndicats ont signalé une augmentation des tentatives de fraude ou de déclarations suspectes de perte de documents d’identité, ce qui complique le travail des services chargés de l’identification et de l’instruction des dossiers. Ils recommandent des vérifications rigoureuses des identités et des antécédents avant l’examen des demandes.










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