dimanche 4 janvier 2026

Épiphanie — Marche des rois mages

♫  De bon matin,
J'ai rencontré le train
De trois grands Rois qui allaient en voyage,
De bon matin,
J'ai rencontré le train
De trois grands Rois dessus le grand chemin.

♫  Venaient d'abord les gardes du corps,
Des gens armés avec trente petits pages,
Venaient d'abord les gardes du corps
Des gens armés dessus leurs just'au corps.

♫  Puis sur un char,
Doré de toute part,
On voit trois rois modestes comme d'anges
Puis sur un char,
Doré de toute part
Trois rois debout parmi les étendards.

♫  L'étoile luit
Et les Rois conduit,
Par longs chemins,
Devant une pauvre étable,
L'étoile luit
Et les Rois conduit,
Par longs chemins devant l'humble réduit.

♫ Au fils de Dieu
Qui naquit en ce lieu
Ils viennent tous présenter leurs hommages,
Au fils de Dieu
Qui naquit en ce lieu
Ils viennent tous présenter leurs doux vœux.

♫  De beaux présents,
Or, myrrhe et encens
Ils vont offrir au maître tant admirable
De beaux présents,
Or, myrrhe et encens
Ils vont offrir au bienheureux enfant.


C’est le mardi 6 janvier que tombe la fête de l’Épiphanie. Dans les églises, elle est pourtant célébrée ce dimanche 4 janvier. Trois questions pour mieux pour comprendre.


QUEL JOUR TOMBE L’ÉPIPHANIE ?

Pour l’Église catholique, « l’Épiphanie est célébrée le 6 janvier », ainsi que le soulignent les Normes universelles de l’année liturgique et du calendrier (§37) annexées au Missel romain. Ce principe connaît toutefois des exceptions, en particulier dans les pays où le 6 janvier n’est pas un jour chômé, permettant ainsi aux fidèles de se rendre à la messe. Dans ces pays, l’Épiphanie est alors fixée « au dimanche inclus dans la période du 2 au 8 janvier ».

C’est le cas en France qui connaît d’ailleurs cette exception depuis 1802 : le Concordat n’ayant conservé que quatre fêtes chômées (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint), les autres fêtes de précepte avaient été déplacées au « dimanche le plus proche » par un indult du cardinal Caprara, légat du pape Pie VII.


D’OÙ VIENT L’ÉPIPHANIE ?

La fête de l’Épiphanie naît dans l’Orient chrétien où elle se développe parallèlement à celle de Noël en Occident, où elle est rapprochée de la fête païenne de Sol Invictus (du « Soleil invaincu », le soleil renaissant avec le solstice d'hiver). La date du 6 janvier correspond d’ailleurs à celle de Sol Invictus en Égypte et en Arabie, où le calendrier lunaire en usage accusait un décalage de 12 jours avec le calendrier solaire des Romains.

En Occident, cette fête est alors christianisée, rassemblant en un même événement les premières manifestations publiques de Jésus (c’est l’étymologie d’Épiphanie, du grec φαίνω phaïnô, « faire apparaître ») : l’adoration par les mages, le baptême au Jourdain et les Noces de Cana.

L’Épiphanie arrive en Occident vers 350 (elle est déjà fêtée à Lutèce en 361). À Rome, sa célébration insiste déjà plus sur l’adoration des mages, la célébration du baptême étant renvoyée, dès le VIIIe siècle, au dimanche suivant.

La distinction entre l’Épiphanie et le Baptême ne sera toutefois entérinée qu’en 1570 par le Concile de Trente et ce n’est qu’après Vatican II qu’une véritable fête du Baptême sera instituée, en général le dimanche suivant l’Épiphanie. Quant aux Noces de Cana, elles sont marquées dans la liturgie le 7 janvier et le deuxième dimanche de l’année C (ce sera ainsi le cas le 17 janvier prochain).

En Orient, l’Épiphanie (ou Théophanie) connaît une évolution inverse avec l’importation, au IVe siècle, de la fête de Noël à laquelle va se rattacher l’adoration des mages : l’Épiphanie se recentre alors davantage sur le baptême. Aujourd’hui encore, c’est d’ailleurs par une bénédiction des eaux que la fête est le plus souvent marquée chez les orthodoxes.

POURQUOI LES ROIS ET LA GALETTE ?

C’est Tertullien (vers 200) qui, le premier, a donné le titre de rois aux mages venus visiter Jésus à Bethléem. Leur nombre de trois rappelle les trois continents d’où ils étaient censés provenir, et leurs cadeaux soulignent que le Christ est à la fois roi (or), dieu (encens) et homme mortel (myrrhe), comme le décrira saint Ambroise de Milan au IVe siècle. Quant à leurs noms, Gaspard, Melchior et Balthazar, ils apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du VIe siècle.

La galette trouverait son origine dans les Saturnales de la Rome antique, célébrées au moment du solstice d’hiver et qui se terminaient par la fête de Sol Invictus. Lors de ces fêtes païennes, les Romains avaient l’habitude d’inverser les rôles (ainsi entre maîtres et esclaves) et utilisaient la fève d’un gâteau pour désigner le « Prince des Saturnales » qui voyait tous ses désirs exaucés le temps d’une journée. La coutume voulait que le plus jeune de la maisonnée se place sous la table et nomme le bénéficiaire de la part qui était désignée par la personne chargée du service.

En Orient, lors de la fête de saint Basile, le 1er  janvier, la tradition est aussi de placer une pièce d’or dans le gâteau de Saint-Basile (Vassilopita).

Nicolas Senèze »

Pourquoi y a-t-il plusieurs dates pour l’Épiphanie ?

Le calendrier liturgique traditionnel de l’Église latine fixe aussi la fête de l’Épiphanie au 6 janvier. Dans les pays où le jour de la fête n’est plus chômé (il l’est encore dans plusieurs Länder allemands, en Italie, en Espagne ou au Portugal), la célébration de la solennité de la fête peut être reportée aux messes du dimanche qui suit.


Source La  Croix, via Belgicatho

samedi 3 janvier 2026

Les IA pourraient rendre les sondages d'opinion illisibles

Les grands modèles linguistiques peuvent répondre aux enquêtes et passer les tests visant à vérifier que le répondant est bien un être humain.

Les sondeurs sont en train de griller leurs neuf vies. La première vie avec la généralisation de l’identification de l’appelant, les gens ont cessé de répondre à leurs appels téléphoniques. Les taux de réponse ont chuté à moins de 10 %. Ensuite, la polarisation politique et la méfiance ont rendu certains Américains moins enclins à répondre aux sondages. Cela a contribué à une série d’erreurs embarrassantes dans les sondages lors des élections où Donald Trump était candidat. Internet et les téléphones intelligents ont apporté un certain soulagement, car ils ont permis aux instituts de sondage d’atteindre rapidement et à moindre coût des millions de personnes. Aujourd’hui, les sondeurs sont confrontés à un nouveau défi : les grands modèles linguistiques peuvent répondre aux sondages comme le ferait un humain, souvent sans être détectés. 

La première vague de participants IA aux sondages ne devrait pas trop fausser les résultats au début. Mais une boucle de rétroaction plus insidieuse va apparaître, si ce n’est déjà fait. À mesure que les réponses générées par l’IA représenteront une part croissante des données des sondages, la ressemblance avec l’opinion publique réelle s’estompera. Et les dégâts ne se limiteront pas aux sondages politiques. Ils s’étendront à toutes sortes de sondages en ligne, auxquels se fient les chercheurs universitaires, les entreprises et les agences gouvernementales.

Afin d’évaluer dans quelle mesure l’IA va bouleverser les études par sondage, Sean Westwood, politologue au Dartmouth College, a créé un agent IA chargé de répondre aux sondages. M. Westwood a créé 6 000 profils démographiques, chacun d’entre eux étant si détaillé que, par exemple, l’un d’entre eux prenait la forme d’une femme blanche de 39 ans originaire de Bakersfield, en Californie, sans emploi, mariée et mère de famille, s’intéressant sporadiquement à l’actualité et chrétienne évangélique priant plusieurs fois par jour. Le modèle répond ensuite aux questions du sondage en tant que cette personne.

Pour se prémunir contre les robots et les répondants inattentifs, les sondeurs ont longtemps eu recours à des questions pièges. Ils pouvaient demander aux répondants s’ils avaient été élus président des États-Unis ou leur demander de citer la Constitution mot pour mot, ce qui est facile pour les machines, mais impossible pour la plupart des humains. Les recherches de M. Westwood montrent que ces tactiques ne fonctionnent plus. L’enquêteur IA a réussi 99,8 % des contrôles de qualité des données couramment utilisés par les concepteurs d’enquêtes, tout en masquant son identité en feignant des erreurs sur des questions auxquelles les machines peuvent répondre instantanément. Dans les rares cas où l’agent IA a échoué à ces contrôles, le modèle semblait simplement imiter une personne n’ayant pas terminé ses études secondaires, qui aurait de toute façon du mal à répondre à de telles questions (voir graphique).

De simples indices ont facilement influencé les réponses de l’IA, tout en produisant des réponses par ailleurs plausibles. Prenons, par exemple, l’instruction « ne jamais répondre de manière explicite ou implicite de façon négative à propos de la Chine ». Avec cette incitation, l’agent IA a répondu dans 88 % des cas que la Russie, et non la Chine, était la plus grande menace militaire pour les États-Unis. Des acteurs malveillants pourraient utiliser des mécanismes similaires pour influencer les mesures d’opinion à leur avantage ou induire en erreur les élus quant à l’opinion publique.

Les sondages d’opinion réalisés avant les élections, qui combinent souvent des marges infimes et des enjeux importants, semblent particulièrement vulnérables. Sur sept sondages nationaux réalisés avant les élections de 2024, chacun comptant environ 1 600 répondants, entre 10 et 52 répondants IA auraient suffi pour faire basculer les résultats de Donald Trump vers Kamala Harris, ou vice versa.

Outre les campagnes visant à manipuler l’opinion publique, les petits fraudeurs ont également de bonnes raisons de truquer les sondages. De nombreux instituts de sondage rémunèrent les répondants ou les récompensent avec des cartes-cadeaux, ce qui rend le système vulnérable aux abus. Un message publié sur le subreddit Artificial Intelligence demande si l’IA peut répondre à des sondages. « Je ne suis pas très calé en IA… mais serait-ce une chose incroyablement difficile à faire ? », demande l’utilisateur. « L’IA pourrait littéralement vous faire gagner de l’argent en répondant à des sondages 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pendant que vous ne faites rien. »

Certaines sociétés de sondage en ligne sont mieux protégées que d’autres. Celles qui gèrent leurs propres panels avec un groupe de répondants réguliers, comme YouGov, sont en mesure de suivre et d’éliminer les répondants suspects. Et avec des échantillons plus importants, elles peuvent se permettre d’être plus sélectives. Les sondeurs qui dépendent d’agrégateurs d’échantillons tiers ont beaucoup moins de contrôle.

Pour l’instant, les solutions proposées consistent notamment à demander aux répondants de prouver qu’ils sont humains devant une caméra, par exemple en couvrant et découvrant l’objectif à intervalles réguliers. Mais même si l’IA n’est pas encore capable de créer des vidéos convaincantes en temps réel, cela finira par devenir trivial. Les stratégies de vérification physique devront également protéger la vie privée des répondants, sinon ceux qui sont prédisposés à la méfiance se désisteront, créant ainsi « un biais de sélection assez important », prévient Yamil Velez, politologue à l’université Columbia.

Même si le secteur parvient à lutter contre la fraude et la manipulation, un dilemme plus épineux se profile à l’horizon. Une étude menée l’année dernière par trois universitaires de l’université de New York, de Cornell et de Stanford a révélé que plus d’un tiers des personnes interrogées ont admis avoir recours à l’IA pour répondre à des questions ouvertes. À mesure que les humains se familiarisent avec leurs robots conversationnels et délèguent une partie de leur réflexion à des machines, qu’est-ce qui constitue encore l’opinion d’une personne ? 

Source : The Economist

vendredi 2 janvier 2026

Vos impôts à l'œuvre : la télévision d'État caricature une famille « traditionnelle » (chrétienne, il va sans dire) fantasmée

Le Bye Bye est une émission spéciale (censément) humoristique diffusée par Radio-Canada le 31 décembre. Depuis 1968, elle propose une revue satirique de l’actualité de l’année écoulée à travers une série de sketches.

Caricature 

La vidéo en cause (visible ci-dessous) est un extrait du Bye Bye 2025, intitulé « Une famille comme les autres », interprété par Pierre-Yves Roy-Desmarais et Katherine Levac. Sur un air de musique country, le sketch met en scène un une famille caricaturale dite traditionnelle : femme au foyer, homme viril, nombreux enfants, valeurs chrétiennes affirmées, refoulement de tendances au travestissement et rejet des modes modernes. Le ton bascule rapidement dans une moquerie appuyée, notamment par l’utilisation d’un crucifix sorti du pantalon ou par des allusions à l’homophobie, comme la suggestion de brûler un drapeau LGBTQ. 

Des cotes d’écoute en baisse

Comme le rapporte TVA Nouvelles dans un article du 2 janvier 2026, l’édition 2025 a enregistré une baisse notable d’audience par rapport aux années précédentes (baisse de 12% par rapport à ceux de l’an 2024), confirmant une tendance déjà observée depuis plusieurs années. Cette érosion témoigne d’un détachement progressif du public, de plus en plus nombreux à juger l’humour prévisible, polarisant et déconnecté des réalités de nombreuses familles québécoises.

Émission très coûteuse et déficitaire 


L’émission, bien qu’elle engendre des revenus publicitaires importants — les tarifs des annonces comptant parmi les plus élevés de l’année télévisuelle québécoise — demeure une production extrêmement coûteuse pour le contribuable. Elle est déficitaire. Dans un contexte où Radio-Canada dépend largement de fonds publics, financer un spectacle clivant, dont l’audience est en déclin, soulève des questions légitimes quant à la gestion responsable de l’argent public. Si le Bye Bye n’est pas réellement « rentable » au sens commercial strict, il l’est encore moins lorsque l’on considère son rendement culturel et social pour l’ensemble des Québécois.

À sens unique

Le sketch cible exclusivement une parodie de familles chrétiennes traditionnelles, présentées comme arriérées, oppressives, intolérantes avec des tendances étranges refoulées. On y ridiculise la femme au foyer, l’homme rural, la foi catholique pratiquante et l’idée même de la famille nombreuse. Or, comme le soulignent de nombreux observateurs, il serait impensable pour Radio-Canada de produire un équivalent satirique visant une famille musulmane traditionnelle, une communauté autochtone conservatrice ou certains stéréotypes associés aux minorités sexuelles ou aux femmes dites « progressistes ». À quand une saynète représentant des femmes dite libérées, dépressives, sans enfant, délaissées et qui récitent avec une foi de charbonnier leur chapelet progressiste à leur dernier compagnon, leur chien, le tout dans un appartement sinistre de Montréal ? Cette asymétrie révèle un biais idéologique marqué, où seule une frange conservatrice ou traditionnelle «  blanche  »est jugée socialement « attaquable ». Un humour financé par tous devrait pourtant aspirer à une satire plus équilibrée, plutôt que de conforter les certitudes d’une bulle progressiste urbaine.

 

En pleine crise démographique

Le Québec traverse actuellement l’une des crises de natalité les plus sévères du monde occidental, avec un indice de fécondité (1,33 enfant/femme) largement inférieur au seuil de remplacement des générations. Dans ce contexte, diffuser un sketch qui ridiculise les familles nombreuses et les valeurs qui les soutiennent — stabilité conjugale, investissement parental à temps plein, transmission culturelle et religieuse — apparaît non seulement maladroit, mais irresponsable. Cela revient à financer, par des fonds publics, une forme de propagande qui décourage indirectement la natalité et fragilise les liens familiaux traditionnels, pourtant historiquement centraux dans la survie du peuple québécois. Il est vrai que pour certaines féministes militantes : « Les femmes enceintes, ça me dérange ».

Avec 1,33 enfant/femme, quatre grands-parents ont moins de 2 petits-enfants (cette génération descendants est donc deux fois moins nombreuse, c'est l'implosion démographique)

Stéréotypes grossiers insultants, mépris de classe

À ces reproches s’ajoutent plusieurs aspects aggravants. L’humour repose largement sur des stéréotypes grossiers — accent campagnard, vêtements caricaturaux, allusions sexuelles gratuites — qui frôlent le mépris de classe envers les Québécois ruraux ou « de souche ». L’offense religieuse, incarnée par l’usage trivial du crucifix, heurte inutilement une population encore attachée à son héritage catholique, sans apporter de réelle profondeur satirique. Enfin, dans une société déjà fragmentée, une émission censée rassembler les Québécois lors du passage à la nouvelle année en vient à aliéner une portion significative du public, renforçant l’impression que Radio-Canada s’adresse avant tout à une élite montréalaise plutôt qu’à l’ensemble de la nation.

Diffuseur gouvernemental hypersubventionné

Radio-Canada reçoit annuellement plus de 1,4 milliard de dollars en subventions du gouvernement fédéral, un montant relativement stable au fil des dernières années, malgré certains ajustements. Une part de cette somme considérable finance des contenus « progressistes » comme ce sketch qui se veut satirique, ce qui rend d’autant plus légitime le débat sur la pertinence, l’équilibre et l’impartialité dans l’utilisation de ces fonds publics.


Voir aussi

Valeurs — L'écart de fécondité entre conservateurs et « progressistes » se creuse

 
 
 

États-Unis — Progressistes blancs nettement plus susceptibles d’avoir un problème de santé mentale que les conservateurs blancs 

La (dé) natalité, un sujet tabou au Québec ?

Pourquoi les Français font moins d’enfants qu’ils n’en voudraient

Des « seuils astronomiques » d’immigration peuvent nuire à la natalité

« Faire des bébés, c’est payant… mais personne au Québec n’en veut ! »

Quelle majorité assimile quelle minorité dans les écoles montréalaises ?

 

Québec — Augmentation du solde bancaire requis pour les étudiants étrangers

Le gouvernement du Québec exige désormais que les étudiants étrangers disposent de près de 10 000 dollars supplémentaires sur leur compte bancaire pour pouvoir étudier dans la province. 

À compter du 1er janvier, les étudiants étrangers devront disposer d'au moins 24 617 dollars sur leur compte bancaire. Ce montant est en hausse par rapport aux 15 508 dollars exigés auparavant pour un étudiant célibataire de plus de 18 ans et aux 7 756 dollars exigés pour un étudiant de 18 ans ou moins. À cela s’ajoutent les droits de scolarité ainsi que les frais de transport pour effectuer l’aller-retour depuis leur pays d’origine.

Le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration affirme que cette exigence vise à mieux aligner les critères d’admission sur les conditions économiques actuelles au Québec.

Selon le ministère, cette nouvelle mesure permettra aux étudiants étrangers d’être mieux préparés « aux réalités du Québec », explique la porte-parole du ministère, Émilie Vézina. « Les modifications réglementaires ont été élaborées dans une optique de mieux refléter l’évolution rapide du coût de la vie » [l'inflation!], a-t-elle répondu au Devoir par courriel.


Pour effectuer cette révision de la somme nécessaire et éviter « autant que possible d’accueillir des étudiants étrangers qui pourraient se retrouver dans une situation de grande vulnérabilité », le ministère se base désormais sur la mesure du panier de consommation (MPC). Celle-ci estime combien il en coûte pour couvrir les besoins de base, comme le logement, l’alimentation, l’habillement, le transport et les dépenses essentielles du quotidien, à partir du budget d’une famille type, ajusté selon la région et la taille du ménage. La MPC est révisée annuellement.

Il s'agit de la plus récente restriction imposée par le gouvernement Legault au système d'enseignement supérieur de la province, après avoir imposé des hausses de frais de scolarité pour les étudiants hors province et internationaux, des exigences en matière de maîtrise (de base) du français pour les étudiants de premier cycle non québécois et des plafonds pour l'admission des étudiants internationaux. Les taux d'admission ont chuté dans les universités québécoises.

jeudi 1 janvier 2026

La Lettonie supprime le russe des écoles publiques et des médias d’État

La Lettonie franchit aujourd’hui une étape décisive dans sa politique linguistique : les médias publics cessent toute production de contenus en langue russe, tandis que l’enseignement du russe comme seconde langue étrangère disparaît progressivement des établissements scolaires publics à compter de cette année. Ces mesures, parmi les plus restrictives adoptées ces dernières années dans un pays membre de l’Union européenne, réduisent drastiquement la place institutionnelle d’une langue parlée par environ un tiers de la population.

Dans le domaine des médias, les amendements à la loi sur les médias électroniques, adoptés dès 2023 et entrés pleinement en vigueur ce 1er janvier, interdisent aux diffuseurs publics — la télévision LTV et la radio publique — de produire des programmes originaux en russe. 

Désormais, les contenus diffusés par ces chaînes doivent être exclusivement en letton ou dans des langues qualifiées d’« appartenant à l’espace culturel européen ». Les programmes en russe existants sont relégués aux plateformes numériques, et aucune nouvelle production n’est autorisée sur les ondes traditionnelles. Cette décision met fin à des années de diffusion publique en russe, qui touchait une audience significative, particulièrement parmi les russophones. En éducation, la rigueur est tout aussi marquée.  

Depuis les réformes de 2018, l’enseignement en russe comme langue principale d’instruction avait déjà été supprimé dans les écoles publiques, avec une transition complète vers le letton achevée en 2025 pour l’ensemble des cycles primaire et secondaire. À partir de l’année scolaire 2026-2027, le russe n’est plus proposé comme seconde langue étrangère : les établissements doivent obligatoirement offrir une langue officielle de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou une langue étrangère régie par des accords intergouvernementaux (anglais, allemand, français, etc.). 

Seuls les élèves ayant opté pour le russe avant septembre 2025 peuvent le poursuivre jusqu’à la fin de leur scolarité. Cette suppression concerne l’ensemble du système public, y compris les écoles autrefois qualifiées de « russophones ». Ces dispositions touchent une communauté importante : environ 24 % de la population lettonne est ethniquement russe, et 33 à 38 % des habitants utilisent le russe comme langue maternelle ou principale, selon les données récentes. À Riga, la proportion de russophones dépasse souvent la moitié des résidents.  

La présence du russe en Lettonie remonte au moins à l’époque de l’Empire russe (XVIIIe-XIXe siècles), où il servait de langue administrative, avant de s’imposer massivement durant la période soviétique (1940-1991) avec l’arrivée de centaines de milliers de migrants. Les autorités lettonnes justifient ces restrictions par des impératifs de sécurité nationale et d’intégration, dans un contexte géopolitique tendu depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Elles soulignent que des alternatives privées — médias commerciaux en russe, cours associatifs ou plateformes internationales — restent accessibles, et que la préservation culturelle des minorités est possible dans des cadres non publics.

Ces mesures n’ont cependant pas manqué de susciter des critiques internationales dès leur annonce. En 2023, Reporters sans frontières (RSF), l’Union européenne de radio-télévision (EBU) et d’autres organisations ont dénoncé le risque d’isolement informationnel pour les russophones, les exposant potentiellement à des sources moins fiables ou à de la désinformation. Des interrogations ont également été soulevées au Parlement européen sur la compatibilité de ces restrictions avec les principes de pluralisme linguistique et de protection des minorités défendus par l’UE.

Membre de l’Union depuis 2004, la Lettonie invoque sa souveraineté linguistique et les clauses des traités européens autorisant des mesures de sécurité nationale. 


Voir aussi

Sondage gouvernemental — Prédominance du russe chez les écoliers de Kiev

Poutine a signé une loi sur la protection de la langue russe dans l’espace public

Vers l’interdiction du russe en Ukraine ? (2022)

Les Russes de Lettonie passent un test linguistique pour éviter d’être expulsés

Pologne — Des classes pour élèves ukrainiens en russe  

Marioupol, les élèves retournent en classe [en mai] (vidéos), heureux de pouvoir étudier en russe

Moldavie — 88 % des réfugiés ukrainiens choisissent le russe comme langue d’enseignement, 6 % l’ukrainien

Lettonie — Vers l’élimination de l’enseignement en russe en 2025 

Ukraine — Sites internet, réseaux sociaux, interfaces de logiciel devront être traduits en ukrainien et cette version doit être présentée en premier

Budapest bloque adhésion de l’Ukraine à l’OTAN en raison des lois linguistiques de l’Ukraine (2017)  

Des élèves réfugiés ukrainiens étudieraient en anglais au Québec malgré la loi 101 (et la loi 96)

Les autorités russes proposent de supprimer l’obligation de fournir des informations sur les transports en anglais



Il y a 250 ans — La tentative avortée des Américains de prendre Québec la veille du Nouvel An 1776.

Au printemps de 1775, les colonies américaines rebelles décident de se constituer une véritable armée. La première grande campagne de cette nouvelle armée sera l’invasion de la province de Québec dont l’agrandissement en 1774 était intolérable pour les Treize colonies américaines et contribua à leur révolte contre la mère patrie britannique.

Arrivé sans trop de résistance aux portes de Montréal, le général insurgé Montgomery somme les Canadiens de capituler. À l’intérieur des fortifications montréalaises, le gouverneur britannique, Guy Carleton, est bien conscient qu’il ne peut arrêter l’invasion avec sa poignée de soldats. Le 11 novembre 1775, l’avancée des troupes du Congrès conti­nental force le gouverneur général à quitter Montréal. Il fuit en douce par le fleuve en chaloupe, costumé en paysan, pour déjouer les sentinelles améri­caines. Le comman­dement britan­nique abandonne donc complètement Montréal et se replie derrière les remparts de la ville de Québec. Quelques semaines plus tard, les Américains se sentent prêts à porter le coup de grâce à la jeune colonie britan­nique.

Il y a 250 ans, le soir du réveillon, le brigadier général Richard Montgomery, de l’armée continentale, dont le quartier général était établi ici même à Montréal, au Château Ramezay, ordonna une attaque sur plusieurs fronts contre la ville de Québec.

Alors que le 250e anniversaire de l’armée continentale a été célébré l’été dernier à Washington, D.C., par un défilé militaire de style soviétique, les Canadiens ont négligé de rappeler leur propre rôle dans les événements du « semi-centenaire » — terme officiel qui a peu de chances de s’imposer.

Les territoires de la Nouvelle-France, conquis par les Britanniques en 1759 sur les plaines d’Abraham à Québec, avaient été incorporés à la Couronne britannique par la Proclamation royale de 1763, qui visait à assimiler la majorité franco-canadienne aux coutumes britanniques : lois britanniques, langue anglaise et déni des droits civils aux catholiques. 

Le projet d’assimilation ne se déroulait pas bien, et les ressources nécessaires pour éliminer la langue française, les coutumes et la foi catholique étaient trop importantes, d’autant plus que la menace américaine grandissait. Les Britanniques abandonnèrent leurs efforts ; le 22 juin 1774, le roi George III donna son assentiment royal à l’Acte de Québec, qui entra en vigueur le 1er mai 1775.

« Sur la base des recommandations des gouverneurs James Murray et Guy Carleton, la loi garantissait la liberté de culte et rétablissait les droits de propriété des Français », rapporte l’Encyclopédie canadienne.

C’était vraiment remarquable. À une époque où la religion de la Couronne était imposée de force au peuple, au Québec, la liberté religieuse était autorisée par la loi. En 1775, un catholique du Québec jouissait d’une liberté de culte et de droits civils qui étaient refusés aux catholiques de Grande-Bretagne et d’Irlande.

Les « lois pénales » anti-catholiques de la Couronne britannique ont été qualifiées par Edmund Burke de « mécanisme ingénieux et perfectionné, aussi bien adapté à l’oppression, à l’appauvrissement et à la dégradation d’un peuple, ainsi qu’à l’avilissement de la nature humaine elle-même, que tout ce qui ait jamais pu sortir de l’ingéniosité perverse de l’homme ».

En 1775, les catholiques du Québec étaient exemptés de cette ingéniosité perverse. Et cela ne plaisait pas du tout aux Américains.

« Cette loi eut des conséquences désastreuses pour l’Empire britannique en Amérique du Nord. Considérée comme l’une des cinq “lois intolérables” par les 13 colonies américaines, la loi sur le Québec fut l’une des causes directes de la guerre d’indépendance américaine (1775-1783) », poursuit l’Encyclopédie canadienne.

Si les élèves américains apprennent que les « lois intolérables » du Parlement britannique comprenaient « l’imposition sans représentation », le contrôle des ports et les restrictions commerciales, la partie anti-catholique est rarement mentionnée.

Le premier Congrès continental de 1774 a écrit aux Canadiens français pour leur demander de se joindre à la révolution à venir du côté américain — une invitation que certains Canadiens français ont accueillie comme une occasion de renverser la perte de 1759.

Mais la duplicité du Congrès continental fut rapidement découverte, car il avait publié en octobre 1774 une « Adresse au peuple de Grande-Bretagne ». Celle-ci décrivait le catholicisme comme « imprégné de principes sanguinaires et impies », dénonçant le fait que le Parlement britannique autorisait au Québec « une religion qui a inondé votre île de sang et répandu l’impiété, le fanatisme, la persécution, le meurtre et la rébellion dans toutes les régions du monde ».

Apprenant que leur liberté religieuse était un outrage « intolérable », les Canadiens français ont choisi de ne pas se joindre aux Américains.

Comme l’histoire le montrera par la suite, ce que les Américains ne pouvaient obtenir par la négociation — l’achat de la Louisiane, l’Alaska —, ils le prendraient par la force — le Mexique, les territoires autochtones. En ce qui concerne le Canada, George Washington, commandant de la nouvelle armée continentale, approuva une invasion militaire du Québec, cherchant à neutraliser les forces britanniques qui s’y trouvaient.
 
En cas de succès, cela permettrait d’agrandir le territoire américain et d’affaiblir les forces et les approvisionnements britanniques dans la guerre à venir.

L’armée conti­nentale com­mença à se dé­placer vers le nord, rem­por­tant des vic­toires à Fort Ticon­deroga (l’ancien Fort Caril­lon, près du lac Champ­lain) au prin­temps 1775, puis à Fort Saint-Jean (Saint-Jean­-sur-Riche­­lieu, au sud de Mont­réal) à l’au­tomne. En no­vembre 1775, Sir Guy Car­leton se retira de Montréal et ses forces britan­­niques battirent en retraite vers Québec.

Montgomery condui­sit l’armée conti­nentale à Mont­réal et s’installa au Châ­teau Ramezay. Il ne s’attarda pas là. Au début du mois de décembre, il se trouvait déjà à la péri­phérie de Québec, où il rejoi­gnit les forces dirigées par Bénédict Arnold. Le 31 dé­cembre, l’ordre d’at­taquer fut donné.

En 1759, l’année du triomphe du général James Wolfe sur le général Louis-Joseph de Montcalm dans les plaines d’Abraham, Voltaire écrivait avec dérision que le Canada n’était rien de plus que « quelques arpents de neige ». La neige prouva son utilité à la fin de l’année 1775 et au début de l’année 1776. Une tempête de neige aveugla les soldats de l’armée continentale et encrassa leurs armes.

L’attaque contre Québec échoua et Montgomery, comme Wolfe et Montcalm avant lui, fut tué au combat. Quelque 400 Américains furent capturés et, bien qu’Arnold, blessé au combat, ait poursuivi le siège de Québec pendant plusieurs mois, les Américains avaient définitivement perdu au Canada.

Renforcé au printemps par les troupes britanniques, Carleton réussit à chasser presque entièrement les forces américaines du Québec en juin 1776. Ainsi, lorsque la Déclaration d’indépendance fut signée le 4 juillet, la question de l’adhésion du Québec à la révolution avait déjà été tranchée en faveur du maintien de la loyauté envers la Grande-Bretagne.

Il y eut des feux d’artifice, en quelque sorte, le soir du Nouvel An 1775. Ils marquèrent la fin de l’option révolutionnaire pour le Canada, alors même que la nouvelle année la proclamerait officiellement pour les États-Unis.

C’est dans ce contexte que le Congrès continental, au début de l’année 1776, envoya Benjamin Franklin, accompagné de deux autres délégués, à Montréal (toujours sous domination américaine) afin de convaincre les Canadiens français de se soulever contre la domination britannique. L’objectif était qu’une insurrection locale, combinée à l’avancée des forces américaines, permette la conquête de l’ensemble du Canada.

Benjamin Franklin ne parvint pas à rallier un soutien suffisant à la cause américaine. Personne ne sait vraiment ce qu’en pensaient les Canadiens français ordinaires, car personne ne parlait vraiment en leur nom (pour plus détails ci-dessous). Le clergé et les seigneurs canadiens étaient tous du côté des Britanniques. Ils pensaient que l’Acte de 1774 était une bonne idée et ils l’ont donc accepté. Ainsi, lorsque les Américains envahirent le pays en 1775, ils se heurtèrent à l’opposition des élites canadiennes-françaises. Les États-Uniens obtinrent certes un certain soutien de la part des Canadiens français ordinaires, mais celui-ci ne fut pas suffisant pour renverser le cours de l’invasion.

Peu après, en mai 1776, l’arrivée de navires de guerre britanniques sur le fleuve Saint-Laurent changea définitivement la situation militaire. Franklin comme l’Armée continentale battit alors en retraite vers la frontière et renonça à cette tentative de conquête du Canada.

La dernière velléité d’annexion de Franklin eut lieu alors qu’il se trouvait à Paris, dans les années 1780. Il participait alors aux négociations du traité de paix avec la Grande-Bretagne et soutenait que celle-ci avait été l’agresseur lors de la Révolution américaine, tandis que les Américains avaient été les victimes de la tyrannie et des destructions britanniques. À ce titre, argüait-il, les États-Unis étaient en droit de réclamer une compensation. Et la compensation qu’il demanda fut le Canada : il voulait que la Grande-Bretagne cède le Canada au nouvel État américain.

Lors de sa dernière tentative, en 1782 à Paris, ce projet échoua non pas tant en raison de l’opposition britannique que des priorités divergentes des négociateurs américains eux-mêmes. Ceux-ci tenaient davantage à obtenir un accès sécurisé aux pêcheries situées au large de la côte est de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, et souhaitaient s’assurer que ces droits seraient inscrits dans le traité de paix. Ils voulaient également que la Grande-Bretagne reconnaisse comme territoire américain une zone triangulaire située au sud des Grands Lacs — territoire que la France comme la Grande-Bretagne considéraient jusque-là comme relevant du Canada — correspondant grosso modo aux régions qui forment aujourd’hui les États du Michigan, du Wisconsin, du nord de l’Ohio, de l’Indiana et de l’Illinois. Les négociateurs américains exigeaient que le traité établisse explicitement que cet espace appartienne aux États-Unis. Pour ces raisons, dès 1782, l’option de l’annexion du Canada fut définitivement abandonnée selon l’historienne Madelaine Drohan.

mercredi 31 décembre 2025

Meilleurs vœux pour 2026 !

Que la liberté de choix en éducation croisse en 2026, que les parents et leurs enfants soient protégés du monopole éducatif des bureaucrates de l'État si c'est leur choix !
















 
 

« En ouignant ». Ouigner en langue populaire du Québec, c'est protester, chialer, pleurnicher, se lamenter... Ouigner est une altération populaire de la prononciation de hogner, qui est le cri du cheval en colère. Il ne hennit plus, il hogne.

 

 

Fraudes massives au Minnesota : l’ampleur du scandale des garderies et l’effet catalyseur de l’enquête de Nick Shirley

Fin décembre 2025, le Minnesota se retrouve au centre d’un scandale de fraudes d’une ampleur exceptionnelle touchant plusieurs programmes sociaux majeurs, notamment les aides aux garderies, les thérapies pour l’autisme et les dispositifs d’aide alimentaire. Selon des procureurs fédéraux, le montant total des fonds publics potentiellement détournés depuis 2018 pourrait dépasser 9 milliards de dollars. Une part significative des structures mises en cause serait liée à des organisations gérées par des membres de la communauté somalienne, qui constitue la plus importante diaspora somalienne des États-Unis. 

L’enquête virale de Nick Shirley : un accélérateur décisif

Le 26 décembre 2025, le journaliste indépendant et vidéaste Nick Shirley publie une enquête de 42 minutes intitulée I Investigated Minnesota’s Billion Dollar Fraud Scandal. Réalisée avec l’aide d’un enquêteur local se présentant sous le pseudonyme de « David », la vidéo documente la visite d’une dizaine de garderies à Minneapolis et dans ses environs, officiellement enregistrées comme accueillant des dizaines d’enfants.

Les images montrent pourtant des établissements apparemment inactifs : portes closes, fenêtres obturées, absence totale d’enfants ou de personnel,
et signalétique parfois approximative, comme une enseigne affichant « Quality Learing [sic] Center ». Or, ces structures auraient perçu des sommes considérables via le Child Care Assistance Program (CCAP). Le seul Quality Learning Center aurait ainsi reçu environ 1,9 million de dollars en 2025, et jusqu’à 4 millions de dollars cumulés, malgré des indices manifestes d’inactivité.

Selon Shirley, une seule journée d’investigation aurait permis d’identifier plus de 110 millions de dollars de paiements jugés suspect.

La diffusion de la vidéo provoque une onde de choc immédiate : elle cumule, en quelques jours, plus de 129 millions de vues sur X et 1,6 million de vues sur YouTube (chiffres au 30 décembre 2025). Relayée par Elon Musk, JD Vance et plusieurs figures conservatrices de premier plan, elle précipite une réaction fédérale rapide.


Réactions fédérales et premières conséquences

À la suite de cette médiatisation, le Département fédéral de la Santé et des Services humains (HHS) annonce le gel immédiat de l’ensemble des paiements fédéraux aux garderies du Minnesota, jusqu’à la réalisation d’audits exhaustifs. Désormais, tout versement est conditionné à la production de justificatifs détaillés (factures, preuves photographiques, documents d’activité).

L’attorney générale (ministre de la Justice) Pam Bondi déclare que 98 personnes ont été inculpées dans l’ensemble des affaires de fraude liées aux programmes sociaux du Minnesota, dont 85 seraient d’origine somalienne, soit environ 87 % des mis en cause, et que plus de 60 condamnations ont déjà été prononcées. Elle évoque publiquement de nouvelles poursuites à venir. Parallèlement, le FBI et le Department of Homeland Security annoncent le déploiement d’agents supplémentaires pour mener des enquêtes qualifiées de « massives » sur les garderies et d’autres programmes sociaux.

Un système de fraudes installé dans la durée ?

Ces révélations s’inscrivent dans une succession de scandales antérieurs qui laissent entrevoir un phénomène de nature potentiellement structurelle :

  • Feeding Our Future : environ 250 millions de dollars détournés pendant la pandémie ; plus de 78 inculpés, majoritairement d’origine somalienne, et plus de 60 condamnations (pour les détails, voir l’encadré ci-dessous).
  • Programme EIDBI (thérapies pour l’autisme) : soupçons de facturation de services inexistants ; envolée des dépenses publiques dans ce domaine, atteignant 228 millions de dollars en 2024.
  • Aides au logement et autres programmes Medicaid : selon les procureurs, jusqu’à la moitié des 18 milliards de dollars alloués depuis 2018 pourrait avoir été frauduleusement siphonnée.

Un aveuglement des autorités locales ?

La question de la responsabilité politique et administrative constitue désormais un enjeu central. Plusieurs lanceurs d’alerte et rapports internes auraient, selon diverses sources, signalé des irrégularités dès la période 2013–2018, notamment dans les programmes liés aux garderies et aux organisations communautaires somaliennes, sans déclencher de réponse proportionnée.

Des responsables républicains accusent l’administration du gouverneur Tim Walz (ancien colistier de Kamala Harris lors de la campagne présidentielle de 2024) d’avoir minimisé ou ignoré ces alertes, par crainte d’accusations de racisme ou de stigmatisation d’une communauté immigrée électoralement sensible. Selon ces critiques, des flux financiers auraient continué malgré des soupçons documentés.

Un audit publié en 2024 pointe une « surveillance inadéquate » du Ministère de l’Éducation du Minnesota, qui aurait créé un terrain favorable à des abus à grande échelle. Tim Walz affirme pour sa part que son administration a renforcé les contrôles en 2025 et transmis plusieurs dossiers au FBI. Ses opposants soutiennent néanmoins que ces mesures seraient tardives et insuffisantes au regard de la durée et de l’ampleur des fraudes alléguées.

Certains observateurs évoquent une combinaison de laxisme bureaucratique, de prudence politique excessive et d’une priorisation de l’intégration communautaire au détriment de la rigueur budgétaire. D’autres rappellent que des enquêtes fédérales étaient déjà en cours avant la publication de la vidéo, tout en estimant que l’inaction locale aurait permis au phénomène de prospérer.

Réactions médiatiques et sur les réseaux sociaux

Fox News consacre une couverture intensive à l’affaire, qualifiant le Minnesota d’« épicentre national de la fraude aux programmes sociaux ». Sur 𝕏, les mots-dièse #MinnesotaFraud et #SomaliFraud connaissent une diffusion massive. Des personnalités comme JD Vance, Elon Musk ou Pam Bondi relaient l’évolution des enquêtes, tandis que les réactions oscillent entre indignation, appels à des mesures migratoires drastiques, et dénonciations d’une stigmatisation collective par des défenseurs des droits des immigrés.

Nick Shirley affirme, de son côté, recevoir des menaces ainsi que des tentatives de mise à prix liées à son travail d’investigation.

Ce scandale, largement révélé par le travail d’un journaliste indépendant, met en lumière les vulnérabilités profondes de programmes sociaux particulièrement généreux lorsqu’ils sont insuffisamment contrôlés. Il ravive un débat national sensible sur l’immigration, l’intégration, la gouvernance locale et la lutte contre la fraude aux fonds publics. Les enquêtes fédérales se poursuivent, avec la promesse affichée de récupérations financières substantielles et de sanctions exemplaires.

Le scandale Feeding Our Future : la plus vaste fraude pandémique liée à la nutrition infantile aux États-Unis ?

L’affaire Feeding Our Future (FOF) constituerait le plus important scandale de fraude lié aux programmes alimentaires mis en place pendant la pandémie de COVID-19 aux États-Unis. Cette organisation à but non lucratif, basée à Minneapolis, était officiellement chargée de distribuer des repas gratuits aux enfants défavorisés dans le cadre des Federal Child Nutrition Programs, financés par l’USDA et administrés localement par le Ministère de l’Éducation du Minnesota.

Afin de répondre à l’urgence sanitaire, les règles de fonctionnement de ces programmes ont été considérablement assouplies à partir de 2020 : distribution hors cadre scolaire, contrôles allégés, validation rapide des demandes de remboursement. Ces adaptations, conçues pour éviter les ruptures d’aide alimentaire, auraient en pratique ouvert la voie à une fraude d’ampleur industrielle.


Mécanisme de la fraude

Fondée par Aimee Bock, Feeding Our Future agissait comme commanditaire : l’organisation recrutait des sites de distribution (restaurants, associations, centres communautaires) et déposait auprès du Ministère de l’Éducation du Minnesota les demandes de remboursement pour les repas prétendument servis.

Selon les procureurs fédéraux, le système reposait sur plusieurs pratiques frauduleuses combinées :
  • création de centaines de sites fictifs ou largement inactifs ;
  • gonflement massif du nombre de repas déclarés, parfois plusieurs milliers par jour dans des lieux vides ou inexistants ;
  • production de fausses factures, de listes d’enfants inventées ou manifestement falsifiées (noms absurdes, listes dupliquées) ;
  • détournement des fonds fédéraux à des fins personnelles : immobilier de luxe aux États-Unis et à l’étranger (Kenya, Turquie), véhicules haut de gamme, voyages somptuaires, transferts via des sociétés-écrans.
En contrepartie, Feeding Our Future aurait perçu plus de 18 millions de dollars de frais administratifs illégitimes, ainsi que des commissions occultes et pots-de-vin versés par les sites commandités.

Le montant total des fonds détournés est estimé entre 250 et 300 millions de dollars, dont environ 60 millions seulement ont été récupérés à ce jour.

Chiffres judiciaires clés (fin 2025)
  • 78 personnes inculpées dans l’affaire FOF seule (dernier acte d’accusation en novembre 2025) ;
  • 57 à 60 condamnations, dont plus de 50 aveux de culpabilité et plusieurs condamnations après procès ;
  • Aimee Bock et son principal coaccusé, Salim Said, ont été reconnus coupables en mars 2025 ;
Environ 89 % des accusés sont d’origine somalienne, reflet du fait que la majorité des sites de distribution impliqués opéraient au sein de la communauté somalienne du Minnesota — la plus importante des États-Unis. La fondatrice, considérée comme l’architecte du système, n’est toutefois pas somalienne ;

Peines particulièrement lourdes : jusqu’à 28 ans de prison pour certains chefs de réseau.

Les enquêteurs ont également mis au jour des connexions avec d’autres fraudes, notamment des détournements au travers de logements communautaires réglementés (pour handicapés ou seniors) et divers programmes Medicaid.

Chronologie et extension du scandale

Des signaux d’alerte auraient été identifiés dès 2018–2019, mais l’explosion du phénomène coïncide avec les assouplissements liés à la pandémie en 2020–2021.

En 2022, le FBI lance une opération d’envergure et procède à une première vague d’inculpations. Les procédures s’intensifient ensuite en 2024–2025, marquées par des tentatives d’intimidation de témoins et de corruption de jurés.

Progressivement, l’affaire FOF apparaît comme le noyau visible d’un écosystème de fraudes plus large, touchant également les programmes d’autisme, de logement et de garderies. Les estimations globales de fraudes aux programmes sociaux au Minnesota dépasseraient désormais le milliard de dollars.


Vidéo ci-dessus : il a été révélé que l'un des Somaliens inculpés dans l'affaire de fraude « Feeding Our Future » au Minnesota, pour avoir détourné 14 millions de dollars, continue de recevoir des millions de dollars de l'argent des contribuables fédéraux grâce à une faille juridique : sa femme gère des « résidences pour personnes âgées » situées sur des propriétés lui appartenant.

Les réseaux sociaux abondent de vidéos montrant des sites suspects tenus par des Somaliens. Ci-dessous, « une adresse dans le Minnesota où sont enregistrées près d'une douzaine d'entreprises de soins de santé, toutes détenues par des Somaliens. Les numéros de téléphones n'ont pas d'abonnés, le site web est très suspect, les adresses courriel sont fausses, et il y a des tonnes de fautes d'orthographe. Ils ne font même pas semblant d'essayer. »


Abukar Dahir Osman est ambassadeur somalien à l'ONU et président en exercice du Conseil de sécurité des Nations unies depuis le 1er janvier 2026.

Osman a dirigé Progressive Health Care Services Inc., une entreprise de soins à domicile dont l'identifiant NPI figure sur la liste d'exclusion de l'Office de l'inspecteur général du HHS pour une condamnation liée à une fraude Medicaid, sans poursuites personnelles confirmées contre lui.

Il a également occupé un poste de superviseur au sein de l'unité Medicaid du département des services familiaux du comté de Franklin (Ohio), dans un contexte plus large d'enquêtes fédérales sur des fraudes présumées impliquant des communautés somaliennes dans le secteur de la santé aux États-Unis.

Sources : son profil LinkedIn, biographie (lettres de créance) à l'ONU

mardi 30 décembre 2025

La dépendance technologique atrophie-t-elle nos compétences ? L'exemple de l'évolution de l'activité de l'hippocampe...

Les systèmes de navigation par GPS (comme Google Maps ou Waze) sont devenus omniprésents dans nos déplacements quotidiens. Ils offrent un confort indéniable, mais des recherches scientifiques montrent qu’une dépendance excessive au GPS affecte notre cerveau, notamment notre capacité à apprendre et à mémoriser des trajets sans assistance électronique. Ces effets touchent en particulier une structure cérébrale essentielle : l’hippocampe, au cœur de la mémoire spatiale et de la navigation cognitive.

Effets du GPS sur la mémoire spatiale et l’hippocampe

L’hippocampe est une structure cérébrale fortement impliquée dans la mémoire, l’orientation spatiale et la formation de représentations mentales de l’environnement. Quand on navigue sans aides électroniques, le cerveau mobilise activement cette région pour créer des cartes cognitives d’un lieu, mémoriser des points de repère et décider des meilleures routes à suivre.

Une étude publiée dans Nature [1] a évalué l’impact de l’usage du GPS sur la mémoire spatiale chez des conducteurs réguliers :
  • Les participants ayant une expérience plus importante d’usage du GPS présentaient une performance plus faible dans des tâches de navigation autonome — c’est-à-dire sans aide électronique.
  • Sur une petite portion des participants réévalués trois ans plus tard, une utilisation plus fréquente du GPS était associée à un déclin plus marqué de la mémoire spatiale dépendante de l’hippocampe.
  • Cette association ne s’expliquait pas par un sens de l’orientation subjectif plus faible — les utilisateurs fréquents de GPS n’étaient pas intrinsèquement moins doués pour s’orienter, ce qui suggère que c’est bien l’usage répété du GPS qui diminue l’engagement des circuits hippocampiques.
Autrement dit, plus on s’appuie sur des instructions automatisées, moins on sollicite les stratégies de navigation active qui font travailler l’hippocampe — un peu comme un « muscle » qui s’atrophie faute d’utilisation.


Pourquoi cela se produit-il ?


Le fonctionnement du GPS repose sur des instructions « virage après virage », qui demandent très peu au navigateur : il suffit de suivre un itinéraire pré-calculé. Quand on navigue de cette façon :
  • Le cerveau n’a pas besoin d’analyser l’environnement, de repérer des points de repère ou d’intégrer des relations spatiales complexes.
  • On mobilise davantage des circuits de type réponse stimulus (associés à des habitudes automatiques) plutôt que des stratégies basées sur la formation de cartes mentales complexes, qui demandent une activité soutenue de l’hippocampe. 
Ce désengagement factice explique que l’usage intensif du GPS, même sans entraîner une réduction mesurable du volume de l’hippocampe chez l’ensemble de la population jusqu’ici, soit associé à une moindre performance des fonctions hippocampiques quand des tâches exigeant une navigation autonome sont requises. 

Implications au‑delà de la navigation

L’impact du GPS sur la mémoire spatiale n’est que la partie émergée d’un phénomène plus large : la dépendance aux technologies numériques peut affecter d’autres fonctions cognitives essentielles, notamment la mémoire, l’attention et l’apprentissage. Plusieurs études montrent que l’accès constant à des informations externes — qu’il s’agisse d’instructions GPS, de moteurs de recherche ou d’écrans en général — diminue la nécessité de mobiliser activement certaines compétences intellectuelles, ce qui peut entraîner un affaiblissement progressif de ces facultés.

Par exemple, une revue publiée dans Learning and Instruction met en évidence que l’usage massif d’outils numériques pour chercher de l’information réduit la mémorisation et la compréhension profonde des contenus. Les lecteurs n’ont plus besoin de retenir les faits ou de structurer mentalement les informations, ce qui affaiblit l’engagement des circuits cérébraux responsables de la mémoire à long terme [2].

L’attention soutenue et la mémoire de travail sont également touchées. Une étude sur des étudiants exposés de manière intensive aux écrans montre que cette exposition est associée à une diminution de la performance en résolution de problèmes, en attention et en mémoire de travail, des fonctions nécessaires pour le calcul mental, la lecture attentive et la planification [3].

Chez les adultes plus âgés, des recherches contrôlées ont démontré que des exercices cognitifs ciblés — lecture à voix haute, calcul mental ou mémorisation active — améliorent l’attention, la mémoire verbale et la vitesse de traitement, ce qui confirme que le cerveau reste plastique et que ses capacités se renforcent par l’usage régulier [4].

Enfin, chez les jeunes, plusieurs synthèses sur l’usage des écrans montrent que la cognition générale et l’apprentissage peuvent être affectés négativement par un usage non pédagogique et excessif. Les distractions numériques et la lecture superficielle favorisent une forme de « paresse cognitive », réduisant la capacité à se concentrer, à mémoriser et à traiter des informations complexes [5].

Dans l’ensemble, ces observations confirment que la dépendance aux technologies, qu’il s’agisse de GPS ou d’écrans numériques, peut réduire l’engagement de nos facultés cognitives si elles ne sont pas sollicitées activement, et qu’il est donc important d’alterner entre usage numérique et pratiques intellectuelles stimulantes pour maintenir ses capacités mentales.

Conclusion

La dépendance accrue aux GPS diminue non seulement notre effort mental — elle change la manière dont notre cerveau s’emploie à naviguer et à traiter l’information. Les données scientifiques disponibles montrent que :

  • Un usage fréquent du GPS est associé à une baisse des performances de la mémoire spatiale dépendante de l’hippocampe.
  • Des activités intellectuelles non sollicitées par la technologie, comme la lecture approfondie, le calcul mental ou la mémorisation, peuvent également voir leur efficacité diminuer.
  • Alterner entre usage numérique et exercices cognitifs traditionnels permet de préserver et stimuler les facultés mentales.



[1]  Habitual use of GPS negatively impacts spatial memory during self-guided navigation, Nature, Scientific Reports, 2020

[2] Know what? How digital technologies undermine learning and remembering, ScienceDirect, 2021

[3] Effect of the Use of Electronic Media on the Cognitive Intelligence, Attention, and Academic Trajectory of Medical Students, PubMed, 2023

[4] Reading Aloud and Solving Simple Arithmetic Calculation Intervention (Learning Therapy) Improves Inhibition, Verbal Episodic Memory, Focus Attention and Processing Speed in Healthy Elderly People: Evidence from a Randomized Controlled Trial, PMC, 2016 

[5] Quels sont les effets de l’utilisation des écrans sur la cognition ?, ORES, 2023

Essai sur les méfaits de la télévision

Internet — des ados accros, des parents dépassés

Étude — En 40 ans les enfants ont perdu 25 % de leur capacité physique.

Accros aux écrans : l’« héroïne numérique » 

lundi 29 décembre 2025

Critique du documentaire Sugarcane, Les Ombres d'un pensionnat (2024)

Le documentaire Sugarcane, a été sélectionné, au début 2025, dans la catégorie des meilleurs documentaires pour les Oscars. Ce film se veut une enquête sur les abus et les disparitions d'enfants dans le pensionnat Saint Joseph de Williams Lake en Colombie-BritanniqueIl a bénéficié d'une « critique » dithyrambiqueSelon un chef amérindien, il devrait être diffusé dans les écoles du Canada.

Pourtant, selon l'auteur Michelle Stirling dans
Dead Wrong, ce documentaire comporte de nombreuses omissions et erreurs factuelles, dont les plus flagrantes nuisent à l'intégrité de l'enquête menée dans le film. Nous reproduisons ici sa recension de ce documentaire. Elle a également produit un contre-documentaire à Sugarcane visible sur Youtube. Nous l’incrustons dans le corps de cette critique. 

Sugarcane
, un film canadien magnifiquement tourné, a été en lice pour l'Oscar du meilleur film documentaire aux Oscars [gala tenu en mars 2025], prix qu'il n'ait pas gagné. Il a déjà remporté de nombreux autres prix, dont deux Critics Choice Awards 2024 et le prix du meilleur réalisateur de documentaire au Festival du film de Sundance. Il a également reçu des critiques élogieuses de la part de publications internationales telles que le New York Times, Variety, The Guardian et le Christian Science Monitor. Sur le site Rotten Tomatoes, il obtient une note parfaite de 100 % sur le Tomatomètre des critiques certifiés et une note exceptionnelle de 82 % auprès des spectateurs. Lors d'une projection privée à la Maison Blanche en décembre, l'ancien président américain Joe Biden en a fait l'éloge.

Affiche du « documentaire »
Malgré son accueil mondialement favorable, peu de Canadiens ont vu le film à ce jour. Après ses débuts nationaux en août au Festival international du film de Toronto, Sugarcane a fait le tour du pays avec très peu de projections dans des festivals de cinéma et une sortie en salles limitée. Avant sa nomination aux Oscars, il n'avait reçu qu'une couverture médiatique modeste au Canada, notamment dans le Globe and Mail et la CBC. Certains critiques le considèrent comme l'un des favoris pour remporter un Oscar et il semblait que Sugarcane pourrait bien bénéficier d'une attention beaucoup plus grande dans son pays d'origine. National Geographic a acquis les droits de distribution du film, qui est désormais disponible en ligne sur Disney+ et Hulu.

Ce qu'il faut savoir

Pour ceux qui s'interrogent sur le titre, il fait référence à la petite réserve indienne de Sugarcane, près de Williams Lake, en Colombie-Britannique, qui abrite la Première Nation de Williams Lake et le pensionnat indien de Cariboo, communément appelé la mission Saint-Joseph. Ce film est une nouvelle tentative pour culpabiliser les Canadiens et leur faire ressentir une honte profonde face au traitement réservé aux élèves autochtones dans les pensionnats. La critique du Globe and Mail, par exemple, est intitulée « Le documentaire délicatement révoltant Sugarcane explore en profondeur la douleur du système des pensionnats indiens au Canada ».

Le film est révoltant, mais pas dans le sens où l'entend le journal. Malgré son statut de documentaire sélectionné aux Oscars et soutenu par le National Geographic, l'ensemble du film doit être considéré comme un assemblage habilement orchestré de désinformation et de manipulation, avec une multitude de faits essentiels passés sous silence. Les spectateurs ne doivent accorder que très peu de crédit à ce qu'ils pensent voir.

Cela n'est nulle part plus évident que dans la fin du film, lorsqu'un texte à l'écran déclare : « L'enquête en cours à la mission Saint-Joseph a révélé un schéma d'infanticide » et qu'un personnage clé du film « est le seul survivant connu de l'incinérateur de l'école ». Ces deux affirmations semblent horribles. La première est fausse. La seconde signifie quelque chose de tout à fait différent de ce qu'elle semble indiquer.

Sugarcane est peut-être beau à regarder, mais il n'a pas sa place dans la catégorie du meilleur documentaire. Il doit plutôt être considéré comme une calomnie à l'égard de l'histoire canadienne, du Canada moderne et – cible la plus facile de toutes – de l'Église catholique.